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A propos du cancer

En France, les cancers sont la première cause de décès chez l’homme, et la deuxième chez la femme. D’où l’importance de la surveillance épidémiologique et de la prévention. Chez la femme, les cancers du sein, du poumon et colorectal sont responsables, respectivement, de 12 000, 10 000 et 8 000 décès par an

Blog sur les cancers de la femme. Par le Professeur Gilles Freyer – Médecin et professeur de cancérologie au CHU de Lyon

Qu’est-ce que le cancer ?

Alors qu’on parle généralement de cancer au singulier, il existe en réalité une multitude de cancers, chacun ayant ses spécificités propres. Selon la façon dont on classe le cancer, on pourrait dire qu’il en existe plus de 200 types. Tous ces types ont un point commun : ils prennent tous naissance dans nos cellules. Il faut savoir que notre corps compte des milliards de cellules regroupées en tissus et en organes (muscles, os, foie, poumons…). Les gènes contenus dans chaque cellule leur disent de se développer, se diviser et mourir. Dans les circonstances normales, les cellules suivent scrupuleusement ces directives. Il arrive toutefois que les instructions deviennent confuses, ce qui se traduit par un développement cellulaire anormal, les cellules ne mourant plus comme elles devraient. In fine, les cellules anormales qui se développent et se divisent, finissent par former une masse dans le corps : la tumeur, qui peut être cancéreuse ou non. Le cancer se caractérise donc par la multiplication et la propagation anarchiques de cellules anormales. Si les cellules cancéreuses ne sont pas éliminées, la maladie évolue, ce qui va mener au décès de la personne touchée.

« il y a place pour une aide positive, une approche originale de cette maladie qui n’est ni une fatalité ni une punition »

Les facteurs de risques

Les facteurs de risques du cancer sont multiples. Ils peuvent être d’ordre génétique, mais aussi liés à nos modes de vie et à notre environnement (on estime que plus de 40% des cancers sont liés à nos modes de vie et notre environnement). Ainsi, pour prévenir les cancers principalement causés par des éléments exogènes (habitudes de consommation, hygiène de vie…), il est essentiel d’éviter les facteurs de risque connus tels que le tabagisme, la consommation d’alcool, le surpoids, l’exposition aux rayonnements UV… Pour d’autres types de cancers, comme le cancer du sein ou le cancer de l’ovaire, l’âge et le facteur génétique sont directement mis en cause, l’emportant de très loin devant les autres facteurs de risque. Selon le professeur Gilles Freyer : « une femme porteuse d’une prédisposition génétique a un risque de développer un cancer du sein compris entre 60 et 80% ». Cela dit, le cancer du sein peut également être favorisé par d’autres facteurs comme le tabac, une alimentation déséquilibrée, un manque d’activité physique, une ménopause tardive, une puberté précoce… 

L’importance du dépistage

L’importance du dépistage n’est plus à démontrer. En bref, elle est cruciale. Quand on parle de dépistage, le premier type de cancer qui nous vient à l’esprit est le cancer du sein. Le cancer du sein est le plus fréquent chez la femme en France. C’est aussi la principale cause de mortalité par cancer chez les femmes. Mais grâce à la généralisation du dépistage organisé du cancer du sein depuis 2004, le taux de mortalité qui y est associé a considérablement diminué. Aujourd’hui, plus de 80% des patientes sont en vie cinq ans après le diagnostic. En d’autres termes, le dépistage sauve des vies.
Et cela ne vaut pas que pour le cancer du sein. Le diagnostic précoce concerne tous les cancers féminins (sein, col de l’utérus, intestins, ovaires…). Plus tôt un cancer est dépisté, plus vite il peut être traité. Ainsi, le dépistage est l’affaire de toute une vie, depuis l’entrée dans la vie sexuelle, jusqu’à l’âge de 75 ans (au moins). A ce propos, il est particulièrement recommandé à la population non à risque, constituée des femmes entre 50 et 74 ans, sans symptôme ni facteur de risque autre que leur âge, de réaliser une mammographie de dépistage tous les deux ans (complétée, si nécessaire, par une échographie). Les femmes plus jeunes peuvent aujourd’hui bénéficier de moyens de dépistage du cancer du sein beaucoup plus sophistiqués, tels que les IRM mammaires en cas de prédisposition génétique, ou encore l’évaluation de la densité mammaire. Au-delà du cancer du sein, il est fortement recommandé de réaliser un frottis cervico-vaginal au minimum tous les 3 ans (col de l’utérus) chez toutes les femmes âgées de 25 à 65 ans. Depuis mai 2018, un programme national de dépistage organisé du cancer du col de l’utérus a été mis en place. Ce programme invite, par courrier, toutes les femmes asymptomatiques âgées de 25 à 65 ans, et qui n’ont pas réalisé de frottis cervico-utérin dans les 3 dernières années, à se rendre chez un médecin pour effectuer cet examen. Sur les 20 dernières années, le dépistage des lésions précancéreuses par la réalisation régulière d’un test de dépistage a permis de diminuer de moitié le nombre des nouveaux cas de cancer de l’utérus, ainsi que le nombre des décès.

ruban octobre rose
traitements et cancer

Traitement : objectifs, choix du traitement et thérapies

Le principal objectif du traitement du cancer est de guérir le patient ou, à défaut, de prolonger considérablement sa vie. Dans le cas du cancer du sein, il existe différents traitements permettant sa prise en charge : chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie, hormonothérapie et thérapies ciblées. Ils peuvent par ailleurs être utilisés seuls ou en association, en fonction des caractéristiques cliniques, biologiques et génétiques de chaque tumeur. Le choix d’un traitement particulier dépend donc de plusieurs facteurs, dont les plus importants sont : le type de cancer du sein, l’envahissement ou non des ganglions, la présence ou non de récepteurs hormonaux à la surface des cellules cancéreuses ou de métastases dans d’autres organes, l’âge de la personne et son état général. En outre, les signatures moléculaires apportent des informations plus précises sur le pronostic et l’efficacité des traitements dans le cancer du sein. Pour le professeur Gilles Freyer : « L’enjeu est de savoir quelles sont les patientes qui ont besoin de chimiothérapie parce qu’elles sont de plus mauvais pronostic mais qui en ont surtout besoin parce que cette chimiothérapie va être efficace chez elles ».

Le dépistage sauve des vies

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Qui est le professeur Gilles Freyer ?

 

Le professeur Gilles Freyer est chef du service d’oncologie médicale aux Hospices civils de Lyon (HCL) et vice-doyen de la faculté de médecine de Lyon-Sud. Né en 1967 à Lyon, il obtient son baccalauréat série C avec mention « très bien » en 1985. Il entreprend ensuite des études de médecine à la faculté Laennec (anciennement Alexis Carrel) dans sa ville natale. Parallèlement à ses études, le professeur Freyer adhère à l’Association de Lutte Etudiante contre le Cancer (ALEC), où il coordonne un programme d’action éducative contre le tabagisme.

En 1985, Gilles Freyer obtient le baccalauréat série C (Mathématiques – Physique) avec la mention « Très Bien », et entreprend des études de médecine à la faculté Laennec (anciennement Alexis Carrel) à Lyon. Etudiant brillant, il est reçu primant au concours d’admission en deuxième année, et achève le second puis le troisième cycle des études médicales sans échouer à aucun examen ou enseignement dirigé, ce qui lui vaut le titre de « lauréat » de la faculté. En 1992, il débute son internat en cancérologie médicale. En juillet 1994, le professeur Gilles Freyer obtient son doctorat en médecine. Sa thèse, « la cancérologie des sujets âgées a-t-elle une spécificité ? » témoigne d’ores et déjà de l’intérêt qu’il porte à l’oncogériatrie.

Depuis 2003, Gilles Freyer est docteur en oncologie au Centre Hospitalier de Lyon-Sud, et professeur en oncologie à l’Université de Médecine Lyon-Sud. A partir de 2012, il devient vice-doyen de la Faculté, et président du GINECO depuis 2013. Il est également membre de l’Intergroupe du Cancer Gynécologique (GCIG), et directeur médical de l’Institut de Cancérologie des Hospices Civils de Lyon, une institution qu’il a lui-même créée en 2014, et qui compte près de 250 spécialistes en oncologie.